Le Clézio au MIT
Par Thomas Villaren le mardi 28 avril 2009, 22:44 - Divers avariés - Lien permanent
Et oui, le MIT a beau être l'Institut de Technologie du Massachusetts, il accueille de nombreuses personnalités, pas forcément en relation avec le monde des technologies. Ce soir, c'était Jean Marie Gustave Le Clézio qui était invité par le département Foreign Languages and Litterature (je ne savais même pas qu'il y avait un tel département au MIT, je pensais que la littérature était dispensée plutôt du côté d'Harvard).
Comme vous le savez tous, JMG Le Clézio est un écrivain français et mauricien (il a la double nationalité et se considère des deux cultures), qui a eu le prix Nobel de littérature 2008 en tant "qu' author of new departures, poetic adventure and sensual ecstasy, explorer of a humanity beyond and below the reigning civilization." (littéralement « écrivain de nouveaux départs, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, explorateur d’une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante », merci Wikipédia pour la traduction).
Pour beaucoup d'entre vous, Le Clézio c'est l'auteur du « Chercheur d'Or » que vous avez probablement lu en prépa (j'ai échappé à cette lecture d'un an). Chose étonnante, ce livre n'a pas été abordé lors de la discussion d'une heure trente avec l'auteur. Mais alors, quels ont été les sujets abordés ? En voici quelques morceaux choisis (par la force des choses, n'ayant rien noté, je vous raconte ce dont je me souviens).
Dans un premier temps, l'écrivain s'est présenté, confirmant ses racines doubles, françaises et mauriciennes (mais omettant sa famille d'origine morbihannaise d'après Wikipédia). Il nous raconte rapidement son enfance, pendant la guerre, dans un petit village du Sud de la France puis décrit comment il a écrit son premier livre, le « Procés-Verbal », qui fût alors traduit dans plusieurs langues dans le cadre d'un concours européen (qu'il n'a pas gagné), ce qui lui a permi d'être lu directement dans plusieurs pays et dans plusieurs langes. Il a reçu la même année le prix Renaudot pour ce livre (mais ça, il n'en a pas parlé).
Ensuite, il nous parlera de sa carrière de professeur, notamment à la Boston University puis dans différents états américains (New York, Californie, Nouveau Mexique où il réside) mais aussi au Mexique. Il nous raconte qu'il est venu enseigner aux USA par manque d'argent et nous rappelle qu'à cette époque (début des années 70), enseigner dans une fac française n'est pas facile (surtout se faire entendre pendant les cours). Cela explique son choix d'expatriation (on aborde alors le sujet de l'exil qui reviendra plusieurs fois lors de la conférence).
Après cette autobiographie, JMG décide de donner la parole au public, assez hétérogène (entendez par là : pas que des français et pas que des étudiants du MIT). La conférence se déroulant entièrement en anglais (que Le Clézio parle plutôt bien, peu étonnant sachant qu'il vit principalement à Albuquerque), c'est donc en anglais qu'il faut s'exprimer.
Le Clézio reviendra tour à tour sur l'origine de certaines de ces œuvres, notamment « Étoile errante » pour laquelle il s'est inspiré de son enfance pendant la guerre et de l'arrivée des allemands dans le village où sa famille (de nationalité britannique car mauricienne à l'époque) s'était réfugiée.
Il parlera également du papier qu'il utilise pour écrire ses livres (et non, JMG n'est pas "développement durable", il l'avoue lui-même, il devrait écrire sur du papier recyclé au moins) : un papier avec 80 % de coton, sur lequel il écrit au crayon à papier (ou parfois à la plume, à l'ancienne, avec le réservoir d'encre à côté).
Nous avons également le droit à des réflexions plus profondes sur la littérature, sur le fait qu'il écrit pour être lu (contrairement à Amélie Nothomb qui avait apparemment déclaré lors de sa venue au MIT il y a quelques mois qu'elle aimait écrire pour elle seule de temps en temps). Pour Le Clézio, écrire c'est comme "être dans un rêve, sauf qu'on peut décider de ce qui va se passer". L'écriture c'est pour lui avant tout un partage de ces idées mais surtout de son Histoire, celle d'un homme qui a beaucoup voyagé et qui a beaucoup à raconter. Et c'est le message que j'en retiendrai ce soir. J'avoue n'avoir jamais lu de ses livres mais cette échange avec l'auteur m'a donné envie de découvrir certaines de ses œuvres.
Ami lecteur, si tu ne sais quoi m'offrir pour la Saint Thomas, tu sais ce qu'il te reste à faire !

Commentaires
Tout ça pour ça !
Quel mec vénal !
Oui bon c'est surtout qu'il a été élevé bilingue, en fait, ça aide à avoir un anglais « plutôt bon ».
Sinon, rien à dire sur son œuvre. On m'a forcée à lire Lullaby en sixième, j'ai profondément détesté, et refusé depuis d'ouvrir le moindre de ses bouquins. Il serait peut-être temps de me montrer moins tête de mule, cela dit.